Etrange témoignage d'Hocine Aït Ahmed concernant le "génocide" pied noir

Publié le par pierre

Article paru le 25 juillet 2005 dans le N° 248 de la revue ENSEMBLE :

 

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Intervenant dans le numéro de juin 2005 de la revue Ensemble éditée par L’Association Culturelle d’Éducation Populaire, Hocine Aït Ahmed leader du Front des Forces Socialistes et dirigeants historiques de l’insurrection du FLN en 1954, y tient des propos assez surprenants sur les Pieds-noirs et leur expulsions en 1962.

Rappelons que L’Association Culturelle d’Éducation Populaire est une association fondée en 1948 à Constantine par l’abbé catholique Emmanuel Grima. Ajourd’hui sise à Montpellier, dans le sud-est de la France. elle rassemble des Pieds-noirs originaires de l’Est algérien et publie, cinq fois par an, la revue Ensemble. C’est dans le dernier numéro de cette revue (n°248) qu’Hocine Aït Ahmed fait part de ses observations et réflexions concernant le sort fait aux « européens » par le F’LN pendant la Guerre d’Algérie.

 

Sur un ton passionné, il dénonce la véritable « tragédie humaine » qu’a constituée le départ forcé des populations françaises d’Algérie en 1962. I1 estime que c’est « plus qu’un crime qu’une faute » -commise par le Front de Libération Nationale, dont il est un des chefs fondateurs et dont il était encore membre à l’époque. Il ajoute que cette faute a pris un triple aspect « politique, économique et même culturel ». En effet, d’après lui « les citoyens non musulmans auraient dû garder toute leur place dans l’Algérie indépendante » car « les cultures juive et chrétienne se trouvaient en Afrique du Nord bien avant les arabo­musulmans, eux aussi colonisateurs, aujourd’hui hégémonistes. (Dominateurs sans partage)

 

Sur un plan plus économique, Aït Ahmed regrette qu’en forçant les Européens au départ, l’Algérie nouvellement indépendante se soit privée d’un formidable réservoir de main d’oeuvre formée, productive et compétente : « Avec les Pieds-noirs et leur dynamisme -je dis bien les Pieds-noirs et non les Français - l’Algérie serait aujourd’hui une grande puissance africaine, méditerranéenne » I1 sous-entend donc que le choix de tourner radicalement le dos à l’Europe occidentale et d’ouvrir l’Algérie aux professeurs arabes, Égyptiens, Syriens et autres Palestiniens ainsi qu’aux ingénieurs soviétiques fut une erreur coûteuse qui a conduit l’Algérie sur la voie du sous-développement. Il oppose à cette stratégie arabiste et tiers-mondiste, décidée à l’époque par le FLN, une sorte de « troisième voie » qui aurait vu l’Algérie s’appuyer sur ses compétences internes, alors essentiellement détenues par les « Européens », pour créer les conditions d’une croissance économique saine.

 

Allant encore plus loin dans la repentance, Hocine Ait Ahmed déclare qu’ « il y a eu envers les Pieds-noirs des fautes inadmissibles, des crimes de guerre envers des civils innocents et dont l’Algérie devra répondre au même titre que la Turquie envers les Arméniens. » Ce faisant, il évoque la longue liste de massacres commis contre les civils Pieds-noirs pendant la guerre d’Algérie, depuis ceux de Philippeville (Skikda) en 1955 à ceux d’Oran en 1962. Ces tueries, provoquées par le FLN, ont eu pour effet d’instaurer une coupure radicale entre ceux que l’on appelait alors les « Européens » et les populations musulmanes, provoquant finalement l’exode des Pieds-noirs vers la France dés la proclamation de l’indépendance de l’Algérie.

 

Ce qui est particulièrement étonnant et qu’on n’avait sans doute jamais entendu dans la bouche d’un homme politique algérien, c’est la comparaison entre le sort fait aux Pieds-noirs en 1962 et celui fait par les Turcs aux Arméniens en 1915.

L’écrasante majorité des historiens et des opinions publiques, à l’exception des Turcs, s’accordent à dire que les massacres et déportations d’Arméniens par les Turcs constituent le premier cas de génocide moderne. En comparant le destin des Pieds-noirs et celui des Arméniens, Hocine Aït Ahmed accuse donc implicitement le FLN d’avoir commis un génocide à l’encontre de la population européenne d’Algérie !. Ces déclarations émanant d’un des derniers chefs historiques du FL,N sont proprement stupéfiantes à l’heure où Abdelaziz Bouteflika dénonce encore avec virulence le « caractère génocidaire » de la colonisation et où la presse algérienne arabophone se lance dans des attaques sans fondements contre les juifs de Tlemcen partis en 1962.

 

 

Source : http://rapatries-gauche.org/spip.php?article29

 

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Publié dans blog pieds noirs

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alditas 06/01/2011 21:15


Bonjour !

Les conséquences de toutes les guérres sont hautement désastreuses à tout point de vue, surtout en période transitoire dans les passations de pouvoirs dont les uns et les autres en même temps
qu'ils divisent, ils sont divisés, d'où le proverbe qui dit : " le sang nous unit, l'intérêt nous sépare."

Où en est-on au jour comme aujourd'hui point de vue leçon à tirer de ce passé pourtant largement dépassé ?

Chaque période de l'histoire secréte ses privilégiés. En 1962 les français en étaient divisés du côté civil que militaire et c'est presque la même chose dans l'autre côté en cette période
troublante et trés difficile à tout point de vue.

Même les accords conclus n'étaient pas respéctés d'ailleurs. Que dire des injustices sociales ?

N'avez-vous pas commis des fautes de ne vouloir publier les documents et les photos souvenirs des villages indigénes à l'excéption de ceux de la nationale 5 beaucoup plus médiatisés ?

La 19ème division d'infanterie, 4ème régiment de dragons, 4ème escadron SP 86692 F.M poste avancé EL-MAÏN installé le 7 Avril 1957 par le capitaine Georges Laurent dit "JOJO" par Naourt Albert
liv'éditions, antenne S.A.S dépendant de Béni-Hafed sous le commandement du capitaine Audry redevenu camp de concentration ayant beaucoup souffert à l'instar des endroits isolés reste occulté dans
vos revues, vos blogs et vos sits....Est-ce-que cette guerre était menée seulement par les autres structures organiques ? Dans cette guérre n'y avait-il pas d'autres scènes de vies civiles dans
leurs sens le plus large du terme pour publier des photos souvenirs officiels ou de colléctionneurs de parts et d'autres ? Et ces documents conservés au S.H.A.T château de Vincennes, jusqu'à quand
leurs publications ou leurs numérisations ? Je vous remercie ! L'histoire en tant que patrimoine et devoir de mémoire doit rester entre les mains des hommes de culture et ne doit pas être trop
politisée.